Elles ont 50 ans ou plus, du temps et de l'expérience: ces nounous-gâteaux vont-elles révolutionner le baby-sitting? En tout cas, les femmes dites «d'âge mûr» sont de plus en plus recherchées par les parents confrontés au manque de structures d'accueil parascolaires «Cherche jeune retraitée motorisée», «Famille cherche baby-sitter ou grand-maman»... Jetez un oeil aux petites annonces, rayon garde d'enfants, et vous verrez que les critères des parents ont pris un petit «coup de vieux». Les seniors sont toujours plus prisés. Des «mamies-sitters» qui commencent à répondre présentes. Elles ont 50 ans ou plus, du temps, de l'expérience: ces nounous-gâteaux vont-elles révolutionner le baby-sitting? «Je vis seule avec deux enfants de 8 et 6 ans qui vont dans des écoles où il n'y a aucune structure d'accueil, explique Isabelle, une Vaudoise de 37 ans. Le matin et à midi, c'est une maman de jour qui s'occupe d'eux. Le problème, c'est après l'école: il y a toutes ces activités - la danse, le judo - qu'ils ne peuvent pas faire. Comme je travaille, je ne peux pas les y accompagner. Je cherche quelqu'un qui puisse les y conduire et qui soit libre à ces heures-là et qui ne me lâche pas au bout de six mois». Une étudiante? Un chômeur? Non! Pour elle, la perle qu'elle espère dénicher est «retraitée et motorisée». Bien sûr les seniors n'ont pas encore détrôné les étudiantes et les jeunes filles au pair, mais une tendance est en train d'émerger. «Il y a un an et demi, nous avions peut-être 1% des CV déposés par des femmes de plus de 50 ans, aujourd'hui on est à environ 10%, principalement pour des gardes parascolaires, le mercredi et après les cours, confirme Céline Boîteux du site d'annonces spécialisé français agence-nourrice.com». Seniors en pleine formeChez nos voisins, les offres de garde d'enfant sont, d'une manière générale, en pleine expansion depuis 2006 et l'entrée en vigueur de mesures économiques destinées à faciliter les «services à la personne». Un créneau idéal pour les seniors. «C'est vraiment la rencontre de deux besoins. D'un côté, les parents de plus en plus méfiants. Et, de l'autre, des seniors à la retraite, dans une forme étincelante, qui leur permet de cumuler retraite et emploi», résumait récemment dans la presse française le président d'une société spécialisée du secteur qui prévoyait de créer 400 postes destinés à des plus de 55 ans. En Suisse, l'impulsion politique se fait toujours attendre. Mais du côté des privés, le courant semble passer entre les générations. Baptiste Renevey, responsable depuis deux ans du site d'annonces romand bestnounou.ch, recense une augmentation de ce genre d'offres, surtout comme mamans de jour, mais aussi comme baby-sitter à disposition plus ponctuellement. «C'est sûr qu'elles sont moins disponibles «à la minute», pour dépanner un soir, comme peuvent l'être des baby-sitters plus jeunes, mais les parents préfèrent confier leurs enfants à des personnes plus âgées, car elles ont une vraie expérience. Souvent ce sont des grands-mamans qui ont déjà quasiment élevé deux générations», note le jeune homme. «En principe, je ne «fais» qu'une seule famille. Je ne cours pas le soir à droite ou à gauche à la demande, confirme Anne, 63 ans, reconvertie depuis quatre ans en baby-sitter. En ce moment, je garde un garçon de 7 ans et sa soeur de 4 ans et demi trois jours par semaine de 15h30 à 19h00». Devoirs, douche, repas, la Vaudoise ne chôme pas. Elle adore les enfants, mais ne cache pas qu'elle peut ainsi arrondir ses fins de mois. Un plus bienvenu depuis sa mise en préretraite à 59 ans. Pour Anne, le baby-sitting, c'est une rentrée de 500 à 1000 fr. par mois, selon les périodes. «S'occuper des enfants, c'est un vrai plaisir et une certaine liberté. On n'a pas un patron sur le dos!» A quand des grands-mères à la crèche ?En Suisse, les normes d'encadrement des structures d'accueil pour les petits (notamment la proportion de personnel qualifié par rapport au nombre d'enfants) sont cantonales et très strictes. «Trop rigides», selon Jean-Paul Diserens qui a soulevé une polémique en évoquant, le mois dernier, son projet de créer une crèche au Mont-sur-Lausanne qui emploierait des grand-mamans. Aujourd'hui, le directeur d'Assura, assure qu'on l'a mal compris: «Mon idée n'était pas d'avoir recours uniquement à des personnes âgées, mais que ceux-ci travaillent à côté d'un staff pédagogique diplômé. Les retraités ont des disponibilités, parfois un besoin de se sentir utiles. Ils ont beaucoup à apporter aux autres et, étant donné que leur rémunération serait inférieure à celles des professionnels, c'est une façon de faire baisser les coûts. Un gosse qui coûte plus de 30 000 fr. par an pour cinq jours en garderie, c'est impossible!» Pour Doris Cohen-Dumani, présidente de la Fondation vaudoise pour l'accueil de jour, intégrer les mamys et les papys dans les structures d'accueil, c'est une bonne idée. «Mais pour l'instant, je les vois plus facilement dans les activités parascolaires, par exemple venir en soutien à la pause de midi ou pour raconter une histoire. Les aînés ont beaucoup à apporter, mais il faut aussi qu'ils soient d'accord de s'engager régulièrement». |
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