Parce que les Français tiennent à "concilier vie professionnelle et vie familiale", le ministre délégué à la famille, Philippe Bas, devait annoncer, mardi 7 novembre, un plan petite enfance sur cinq ans. Avant l'entrée à l'école maternelle, la garde des enfants reste en effet un véritable casse-tête : en France, seuls 17 % des enfants de moins de trois ans bénéficient d'une place en crèche. Faute de mode de garde, certains parents - essentiellement des mères - quittent leur emploi en optant pour un congé parental, mais ce système, qui concerne près de 30 % des enfants, n'est pas toujours le fruit d'un véritable choix. En Europe, la France est dans une situation singulière : elle est l'un des pays où les femmes travaillent le plus - 82 % des femmes âgées de 24 à 49 ans exercent une activité professionnelle - alors qu'elle affiche un taux de natalité élevé - avec plus de 800 000 naissances par an, la France détient le deuxième taux de fécondité de l'Europe des vingt-cinq après l'Irlande. "Compte tenu de la persistance de la division sexuelle du travail dans la sphère domestique, l'insertion des femmes dans l'emploi est en partie conditionnée par les politiques de prise en charge des enfants et des personnes adultes dépendantes", résument Jeanne Fagnani et Marie-Thérèse Letablier dans Femmes, genres et sociétés, l'Etat des savoirs (éditions La Découverte). Revoir les règles du congé maternitéPour permettre aux femmes qui le souhaitent de continuer à travailler, Philippe Bas veut augmenter le nombre de places en crèche : au cours des cinq prochaines années, 12 000 places devraient être créées tous les ans, ce qui devrait porter leur nombre à 362 000 en 2012. Dans les zones rurales où les crèches et les haltes-garderies sont rares, le ministre souhaite favoriser, à titre expérimental, l'émergence de "microcrèches" : réunis dans un appartement ou un local, plusieurs professionnels pourraient accueillir de trois à neuf enfants. Afin de diversifier les modes de garde, le ministre souhaite également encourager la création de crèches d'entreprise, qui sont financées à 75 % par la collectivité grâce aux aides et aux réductions d'impôts : une circulaire sera diffusée à l'automne aux caisses d'allocations familiales, qui distribuent depuis 2004 des aides aux entreprises qui souhaitent s'engager dans cette voie. Enfin, le ministère parie sur une augmentation du nombre d'assistantes maternelles, dont le statut a été modernisé en 2005 : au cours des cinq prochaines années, 60 000 nouvelles "nounous" devraient accueillir 150 000 enfants supplémentaires. Philippe Bas songe également à revoir les règles du congé maternité, qu'il juge trop rigides. Actuellement, les femmes bénéficient de six semaines de congé avant la naissance et dix semaines après. Pour que les jeunes mères puissent passer plus de temps auprès de leur bébé, le ministre propose qu'elles puissent répartir treize de ces seize semaines à leur guise : si la grossesse se passe bien, si le médecin est d'accord et si elles en expriment le souhait, elles pourraient reporter une partie de leur congé après la naissance de l'enfant. Une concertation sur ce thème sera engagée, à l'automne, avec les représentants des professionnels de santé et les syndicats d'employeurs et de salariés. Quelques chiffres En France, 28 % des enfants de moins de 3 ans sont gardés par un parent en congé parental, 26 % sont pris en charge par une "nounou" (assistante maternelle ou employée travaillant au domicile des parents), 17 % vont en crèche, 8 % sont gardés par leur mère, 8 % vont à l'école maternelle, 3 % alternent nounou et halte-garderie et 10 % ne trouvent pas de solution satisfaisante. |
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